Travailler plus pour consommer plus mal

Aujourd’hui, je m’attaque au drive. C’est le produit d’un des deux concepts magiques du marketing : le digital, (l’autre étant l’écologie), qui permet aux consommateurs de faire leurs courses depuis leur bureau, puis de passer les chercher dans un hangar où un étudiant sous-payé et qui développera probablement des problèmes de dos précocement, dépose ses précieux achats dans sa voiture.

Précieux ? 

Sans doute si on regarde le prix du service (selon ce site internet ou sur ce site ) qui se justifie bien sûr par l’immense comfort que le service procure à l’utilisateur, la liberté de pouvoir faire ses courses au milieu de la nuit (!) ou encore le temps économisé à parcourir les rayons du supermarché, mais pas si on considère l’investissement personnel du consommateur dans son achat. Et c’est là que le bât blesse.

Je m’explique : l’acheteur est pressé (évidemment, sinon il ne recourerait pas aux services du drive), il fait donc ses « courses » à la va vite, sans prêter trop attention à ce qu’il achète. Il clique un peu au hasard, au grès des propositions que lui fait le site sur lequel il est, et qui sont sans doute dictées par des logiques marketing qui mettent les marques les plus riches, les plus à même de payer ce bon placement, au premier plan. Autrement dit, le consommateur est encore plus facilement manipulable que dans un supermarché et ce sont les plus gros poissons qui en profitent …

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Pire encore

Le fait de faire ses courses si vite, et le fait de parfois recevoir les mauvais produits – des yaourts allégés au lieu de yaourts au lait entier, de la poudre chocolatée premier âge au lieu de la version pour “adulte”, un paquet de gâteau en version XXL au lieu de la version L, des pâtes sans gluten au lieu de pâtes complètes – peut conduire le consommateur à penser « les uns valent bien les autres », tout les produits sont équivalents, il n’y a pas de différence. En gros, il se dit en déballant les cartons et en jetant le scotch et le papier bulle : « mon grand, quoi qu’il arrive, tout ça c’est la même m*rde ! Ne t’embête pas à essayer de distinguer ou de classer les produits entre eux, sur ce site avec ses toutes petites vignettes et la description abrégés des produits, tu n’y arriveras pas ! ».

Et en effet, la répétition de ces erreurs prouve bien que le consommateur n’a pas les moyens de voir ce qu’il achète, mais il paie quand même et il mange quand même, quelque chose qu’il n’a pas vraiment choisi.

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Pourquoi il faut monter au front et aller se battre au supermarché

Vous allez me dire : “oui enfin, ca reste une plaie d’aller au supermarché, si on peut éviter ca, on voit pas pourquoi on s’en priverait… “

Moi de vous répondre: mais si ca ne vous intéresse pas ce que vous mettez dans votre corps et sur votre peau, vous devez avoir bien peu d’estime pour vous-même…

Pourquoi ne pas voir le fait d’aller au supermarché comme une manière de s’occuper de soi ? Ca pourrait vous faire beaucoup plus de bien de lire l’étiquette des produits que vous mettez dans votre assiette que d’aller faire trente minutes de jogging tous les matin dans l’air pollué de votre ville.

Evidemment, cela requiert un certain effort d’exercer sa vigilance sur ce que l’on achète, mais à l’inverse, il me semble très dangereux de laisser les multinationales et les supermarchés mettre ce qu’il veulent dans nos assiettes et surtout de considérer que c’est un progrès.

Car finalement, le problème vient surtout du fait que les gens qui recourent à ces services n’ont pas de temps, car ils sont trop occupées à gagner un argent qu’ils vont ensuite donner sans le vouloir aux mêmes gens qui les obligent à travailler autant. La boucle est bouclée.

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The trap of drive purchase or Work more to eat badly

Today, I want to deal with the hard topic of online and drive purchase. In a nutshell, its the child of one of the two magical words of today’s marketing : digital (the other one is ecology). It allows consumer to make their purchase from their office, and then to pick them up in a warehouse, where under-paid student who will probably develop prematurely backache will put their precious good in their car or deliver it to their home.

Precious, really ?

Undoubtly, if you rely on the price of this service, that is justified – of course – by the huge comfort this service brings to the user, giving him the freedom to make shopping in the middle of the night (!) or by the time they will save using it. But not if you consider the personal investment of the consumer. And that is where the shoe pinches.

Let me explain you my point of view: the consumer is in a hurry (of course, otherwise he won’t use this kind of service), he thus do shopping in a rush, without taking care of what he is buying. He clicks randomly, following the proposals of the website he is surfing on, and that are very likely dictated by marketing logics, that put forward the richest brand, those who are able to buy those good positioning. In other words, the consumer is even easier to manipulate than in a real supermarket, and the big fishes only take profit of it.

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Even worse

The fact to do your shopping in a hurry, and the fact that you sometimes (often?!) receive the wrong products – light yoghurts instead of the real ones, chocolate powder for babies instead of the normal one, an XXL pack of biscuit instead of the L version, pasta without gluten instead of complete ones – may lead you to think « the ones are as good as the others, all the products are alike, there is no difference ». In a nutshell, while you are opening the cardboard, and throwing the bubble wrap away, you are telling yourself « Boy ! Whatever happens, all that is the same shit ! No use trying to discriminate or classified those products among them, on this website, with those tiny pictures and abbreviated descriptions, you won’t make it. »

Indeed, the repetition of those mistakes shows that the consumer do not have the power to see and understand what he is buying. But he still pays and eat something he didn’t actually chose.

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Why do you have to go to the front and fight in the supermarket

You want to tell me: « yes maybe, but it is a pledge to go to supermarket, if we can avoid it, why wouldn’t we do it ? ».

I will answer you: if you are not interested by what you are putting in your body and on your skin, you should like yourself very few…

Why don’t see the fact of going to the supermarket as a way to take care of yourself (as all those magazine warmly encourage you to, as well as your mum and myself) ? It may be far more beneficial for your health and for your mood reading the label of the product you put on your plate than doing 30 minutes jogging every morning in the polluted atmosphere of your city.

Of course, it requiers a certain effort to use your vigilance on what you are buying but, on the other hand, it seems very dangerous to me to let multinationales and supermarket companies decide what you put on your plate and, what more, to regard it as a progress.

Because, in the very end, the problem comes from the fact that people are too busy  winning money, that they will then give, without wanting it, to the same people that force them to work so much. Everything (you) is wrapped up.