Vous êtes ce que vous consommez, et c’est tant mieux !

Le pouvoir d’achat, le pouvoir politique 2.0

En 2016, on a l’impression que le citoyen lambda – vous et moi – s’éloigne de la chose politique. Certains diront que c’est dû à la dimension très individualiste de nos sociétés, modelées par la culture de la consommation et le culte de l’égo, d’autres diront que c’est le fruit d’une désillusion politique dont nos dirigeants sont responsables, d’autres enfin pourront affirmer que c’est le manque de grands combats, et finalement la relative satisfaction ou le relatif confort dans lequel nous vivons qui en sont la cause.

Pour ma part, il me semble que ce qui nous détourne de cet engagement, que je considère salutaire face aux multiples menaces sur notre liberté, sur notre dignité et sur notre bonheur, c’est bien plutôt notre sentiment d’impuissance. En effet, nos votes ne semblent pas influer le cours des choses, il semble que les décideurs obéissent plus à des intérêts économiques privés qu’à ceux du peuple qu’ils représentent. On entend souvent que les lois nous sont dictées par Bruxelles. Enfin et surtout, il semble que dans le jeu de la mondialisation et d’interdépendance qu’elle a créée, nous soyons, notamment du point de vue économique, dépendants des choix et de la santé économique sinon politique des autres pays. En un mot, nous sommes un peu désespérés de voir nos espoirs et intérêts aboutir dans un monde aussi complexe et dont les lois nous échappent.

Cependant, si vous m’avez suivi jusque-là, vous serez d’accord pour dire que c’est l’argent qui régit notre monde, c’est l’argent qui fait bouger les choses, c’est “le nerf de la guerre”. Et certes les 1% les plus riches possèdent autant que les 50% les plus pauvres, mais cela ne prouve rien, sinon que c’est au 49% qui restent de faire bouger les choses – vous et moi, donc.

Or, pour faire bouger les choses dans ce monde d’argent, il faut jouer avec ses règles, et parler aux dirigeants avec des mots qu’ils comprennent, c’est-à-dire qu’il faut se servir de notre argent, de notre flouze, de notre oseille, de nos ronds, de nos petits deniers, de notre thunes pour les secouer, les mettre à genoux et les forcer à entendre ce que nous avons à dire. En un mot, il faut donner du sens au pouvoir d’achat qui est encore le nôtre (car, ne nous le cachons pas, si les choses continuent ainsi, nous ne resterons pas “riches” très longtemps). Il faut reprendre le pouvoir sur notre argent, pour qu’il infléchisse le cours des choses dans le sens que nous voulons. Bien sûr, la façon d’investir votre argent dormant est primordiale.

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Cependant, ce dont je veux parler ici c’est de l’investissement que vous faites tous les jours, ou au moins toutes les semaines, lorsque vous allez vous approvisionner en nourriture ou en vêtement. Car finalement, même si cela semble représenter des sommes modiques, en cumulé, c’est un investissement conséquent (budget nourriture de l’ordre de 300 à 350 euros par mois en moyenne, en comptant les repas à l’extérieur, avec de grandes disparités). Et non seulement il est conséquent, mais vous le maitrisé, c’est un investissement direct et conscient que vous faites, lorsque vous choisissez d’aller dans tel ou tel supermarché, ou de ne pas aller dans un supermarché mais plutôt chez un petit commerçant, lorsque vous prenez tel ou tel produit sur l’étalage et que vous le mettez dans votre panier, lorsque vous choisissez le restaurant dans lequel vous allez manger, mais aussi quand vous choisissez le plat que vous commandez. Puisque vous y consacrez du temps, et que ce temps est important, puisqu’il décide de ce que vous allez donner à votre corps pour qu’il vous permette de vivre, autant l’utiliser à bonne escient, et que les choix que vous faites aient un impact positif sur l’environnement, pris au sens le plus large.

Le Lobbying le plus puissant, c’est nous 

Ou plutôt, c’est notre argent. Souvent j’entends dire, parfois de ma propre bouche, « oui, les lobbyistes dirigent le monde, ils écrivent nos lois, ce sont eux qui négocient le TAFTA ». Oui mais, un lobbyiste, c’est quoi ? Un lobbyiste c’est un type qui représentent les intérêts de la société civile prise au sens large (donc avec les entreprises), et qui est chargé, de façon réglementée (en théorie) d’infléchir les lois de façon à ce qu’elles soient plus facilement applicables, en prenant en compte d’autres intérêts que ceux des législateurs.

Alors oui, vous allez me dire que ma vision est bien naïve. Oui et non, il y a des lobbyistes de tous bords. Les ONGs de protection de l’environnement sont considérées comme des lobbyiste par exemple. En fait, un lobbyiste c’est quelqu’un qui, parce que la société civile lui donne de l’argent ou un soutien moral, mais surtout de l’argent et donc du pouvoir, est admis à la table des négociations. Vous allez crier au scandale, me dire que c’est dégueu et qu’on vit dans un monde de merde. Moi je vous réponds, oui, mais vous êtes responsables. Parce que l’argent qui est dans les fouilles des lobbyistes, c’est vous qui l’y avait mis, c’est votre argent qui donne sa légitimité à ces gens et aux entreprises qu’ils représentent. Quand vous allez acheter un paquet de clopes, de médocs ou quand vous achetez votre mousse à raser ou même votre viande nourrie avec du maïs Monsanto, vous offrez un laissez-passer à un lobbyiste pour le parlement de Bruxelles, alors plutôt que de pleureur sur votre sort, changez-le !

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Avec le big data, c’est vous le roi

Ok, c’est pas vous tout seul qui allez faire la différence… quoi que… D’abord vous n’êtes pas tout seul, on est peut-être 10 ou 20 ou peut-être des milliers… on est les 99% et ça c’est pas négligeable. Ensuite, il faut bien commencer quelque part, et le plus simple pour faire changer les choses, c’est de commencer par vous. Ne sous-estimez pas votre pouvoir d’influence, si vous croyez en ce que vous faites, les autres vous suivront. Moi j’ai arrêtez de me laver les cheveux avec du shampoings parce que j’ai vu quelqu’un qui a de très beaux cheveux le faire, j’ai arrêté de manger trop de viande (j’en mange quand même de temps en temps) parce que des personnes que j’estime beaucoup sont devenues vegans/vegetariennes/flexivores.

Vous avez l’impression que ça va prendre une plombe ? Raison de plus pour commencer tout de suite. Mais on vous rassure, selon des prévisions faites par nos soins et absolument pas scientifiques, (le pifomètre disons), ça ne va pas prendre plus de 10 ans, peut-être même pas 5… (Ici un article de 2015 sur la baisse de consommation de viande, par exemple).

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Un truc qu’il faut pas perdre de vue, c’est le BIG DATA et le Marketing. Pourquoi je vous parle de ça ? Parce que pleins de gens pense que c’est le marketing qui nous “dicte” ce que nous devons acheter, qui nous manipule, qui nous lave le cerveau. Ce n’est que partiellement vrai.

 D’abord éteignez votre téléviseur, ensuite faite une liste de course, n’achetez pas de presse genrée, vous allez voir que ça va aller beaucoup mieux. Ensuite, ce n’est pas vraiment vrai parce que quand on étudie l’histoire du marketing, on voit 3 grands mouvements dans l’histoire de la discipline : d’abord on pense que c’est en effet le producteur qui impose son produit, puis cette théorie est radicalement critiquée, et on dit “c’est le consommateur qui est roi, il faut se plier à ses désirs”. Aujourd’hui, on est dans un entre-deux (je sais pas si c’est la vérité, mais c’est ce qu’on apprend au marketeur aujourd’hui, c’est comme ça qu’ils font leur job) et on dit, il y a un désir de base, peut être inconscient, et on doit y répondre par un nouveau produit (je vous JURE que les profs de market n’ont pas l’impression de manipuler les gens #impayable).

Vous allez me dire: mais où ça nous mène cette histoire théorie du marketing ? Ça nous mène ici : en 2017, chacun de vos achats est tracé, il vient enrichir les listes de ventes des supermarchés, qu’ils partagent avec leurs fournisseurs. Si vous avez une carte de fidélité, je vous en parle même pas, ils ont établi un profil socio-professionalo-psychologique. Vous êtes l’élément d’un échantillon type qui les aide à anticiper le marché …. Et à faire des nouveaux produits. Autrement dit, à chaque fois que vous achetez un truc bas de gamme, ou un truc haut de gamme, un truc bio, ou à chaque fois que vous arrêtez d’acheter un produit dans votre supermarché habituel, vous envoyez un signal à nos amis marketeur et vous influencez le design des produits (leur nature, leur packaging, leur composition).

Exemple: depuis 6 mois, vous n’achetez plus que du papier toilette bio et recyclable. Et bien quelqu’un, même plusieurs personnes, en tiennent compte, et réfléchissent à produire plus de papier toilette bio,  développer des marques bio pour vous proposer un plus large choix, dans le but bien sûr de vous piquer plus de fric en vous proposant un biopremium par exemple etc…. et vous êtes -avec tous les autres acheteurs de papier toilette bio du supermarché- à l’origine d’un cercle vertueux (dans le sens que, même si on peut en discuter, – on va d’ailleurs sans doute en discuter -, et bien remplacer un rouleau de papier toilette pas bio par un rouleau de pq bio, c’est bien). Ok, certes, ça suffira pas à stopper le réchauffement climatique, mais c’est déjà un petit quelque chose.

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En un mot, chacun de vos achats à un impact, très grand si vous décidez de soutenir un petit producteur bio qui fait de la réinsertion sociale, un peu moins grand si vous allez dans une grande chaîne. Mais il n’a pas seulement un impact pour vous, il a un impact, sur la longue durée, sur toute la chaîne de production et de votre environnement microscopique (vous faites ami-ami avec un petit commerçant) à votre environnement macroscopique (vous affaiblissez une multinationale qui ne signera pas le traité “historique” que représente le Tafta).

Voilà, cet article se termine (enfin ?). On espère vous avoir fait prendre conscience qu’il n’y a pas de petit acte, et pas d’acte anodin. Que l’argent tant qu’il est dans votre poche, c’est un pouvoir que vous pouvez et devez utiliser de façon consciente. Que ce n’est pas si difficile, qu’il faut dire non à l’enfumage et avoir le courage de pas prendre le chemin le plus court pour se donner une chance de vivre dans un monde un peu meilleur.

Bon magasinage !

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Beginning your social enterprise – Interview with Tereza Jureckova, Pragulic’s owner

How did you come up with the idea?

We were three students, me and my former colleagues. We were studying « civil sectors study » here in Prague and had a class of social entrepreneurship. Our teacher invites us to have a look on the Social Effect award, which is a competition and incubator of social projects. After the program, we come up with the idea kind of randomly. We hadn’t any experience working with homeless people.

So it was in the frame of a school project?

Not really, the competition ran separately. Actually, through this award, we get to know many other projects, mainly abroad, in Austria. It was 4 years ago, so you can imagine that social entrepreneurship wasn’t very developed here in Czech Republic. It was very inspiring to see what can be done in that field and before we came back home (from Austria), we find the idea, that is making tour through Prague with homeless people.

Where did you get the interest about those social project and working with homeless people?

Actually, we were all studying in this « civil sector master » and I previously made a Bachelor in Management of the NGOs. Also, we were all volunteers for a long time, but not with homeless.

How does the project begin: once you found the idea, how do you move to the next step? Did you get help from outside, school for instance?

We didn’t cooperate with the school. Actually after the opening ceremony, two of us decided to apply for the competition, one joined after. There were a series of workshops, we had to go through during the three months, after that in June, we had to create a project on the paper, and officially apply. Then we won the audience price, we get initial money 1500 euros, 3 months in a coworking space, access to some workshops. The idea come up in February and in June we completed the application and won the price.

What are the major difficulties you met? Legislation for instance: how can you declare those homeless workers?

In Republic Czech, there is a basic legislation that covers everything, so in our case we have an employ agreement for them, and they pay 15% tax, up to 10 000 Czech Krones per month, we do not have to pay social tax.

The « normal » employees have to pay 21% of their salaries.

You can imagine that at the beginning, it was very difficult to find the legislation, to learn about the different conditions for the different groups, where we have discount. It was difficult to get a basic orientation, mainly on taxation. We asked many people, but no one could tell us about, so we just put together all the pieces of advices and go for it. Finally, in 2014 we get a proper lawyer that helps us a lot.

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And about communication? How do you find the guide?

For us it was easy because we went through organization that help them, especially one called the homeless theater. They had people who were ok to guide tourist, they are very open minded and they love to perform in front of the people.

And on the daily-basis, how do you communicate with them? I mean they do not have internet or even phones?

At the moment we are using cellphones. If they don’t have cellphones, we give them and make sure they have money on their credit card. Even though they all have phones and know how to use it. At the beginning, we try to set appointment, but it was difficult and we do not have money to give them phones.

In the last 4 years, did you often change the guide?

Through the Pragulic they were … its hard to say, maybe 40-45 guides. Some only for the training, some people do not go through the whole process or work with us only a short time.

How much time does the process last?

Training itself is now 2 days, then comes the practicing phase, for some people it takes 2 weeks, for other people it takes 2 months. And before that is the selection process, that can be 2 years or 2 weeks.

Do guides finally get home? Or find a job? Why do they stop working with you?

They usually move out of Prague, or they find another job. In that case they do not want to stop working with us but they have to because of lack of time.

The majority we have to stop cooperation, because of psychologic trouble, this is the major issue, with other health problems.

Do you stay in touch with them?

With some of them, not all of them. For instance, one is working in a school in front of the office, so she come here every day. Others are attending events, for instance playing in a theater play, so we meet there. But if they stop working with us, they will not ask for any kind of support afterwards.

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Street Law taught by Karim

We had an appointment in front of the Central Station, at 6 p.m. The last lights of the day were passing through the trees’ branches of the park – slightly gloomy and always busy – leading to the old building. There, a dozen of students were waiting in circle, jumping from one feet to another, because the temperature was falling under 10 degrees and no one had expected this sunny day to turn into a cold night.

Breaking the circle, a strange guy began to talk with one of the Czech students. He wore a black straight trouser and black shoes, but his top did not fit with this boring and serious outfit. He had several sweater overloading each other, the last one representing strange orange apocalyptic figures related with some kind of heavy metal band. Around the neck, he had a foolish set of necklaces, from every style: fake pearls, feathers, little figurines… On each of his fingers, he carried 5 to 6 rings; once again, no consistency in their style, rings from every kind, every form, every material. His fingers ended up with glittery silver coloured fake nails. His old and cheap pink sunglasses hid his eyes. When he took them of, a couple of minute later, they revealed an abundance of make-up, black under his eyes, silver on his eyelid, extremely long fake lashes, and tired eyes full of sorrow and weariness.

That was Karim, our guide for the next three hours.

Pragulic’s concept

Indeed, all the students waiting in circle accepted the proposition of our buddy system to make a visit with Pragulic, a social enterprise that offers to visit the beautiful city of Prague with homeless people, to get the chance to see the city through their eyes, and share, just for few moments, their experience, their position, their issues …

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A story of prostitution and drugs

And Ziggy’s issues are drugs and prostitution. He ended up on the street quite young and fell into prostitution. Therefore, he knows quite good the business, the district specialization (the one dedicated to heterosexual, homosexual, transformer or children), the different business models and the zone where they apply (in one district only free-lancer, in this park everyone has a pimp, in those streets some clubs offer protection).

Honestly, after 5 minutes of talk we were flabbergasted to a point you can barely imagine. We didn’t get every single detail, this world remained very far from us, although it was narrowing with every word coming out of Karim’s mouth.

The drug was a topic he somehow mastered.

He explained us all the different kind of drugs we could find on the street, where to get them, how we could make our own drug (crocodile) with everyday products like washing powder, soap and other detergent.

More important, he made it clear that anyone could end up on the street very fast, because of familial or work problem, and that then, you had little chance to come back on the other side, the good side, the clean side (only 2% he said). Reason for that? Madness.

Indeed, street – for people who live on it – is a different world as the one we know. It is an organized world, submitted to different rules, a « normal » people would maybe not understand.

Most of the people ending up on the street were disown by their families and have to make their place in this world, finding a way to earn money (stealing, begging, prostituting), to get protection, a place to sleep.

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Little Tricks

Karim puts a particular affection into everything he told us, as if he was feeling a mix of love and disgust for the mad life and the mad world he was leaving in. He was proud to know so much and be the one who revealed all those secrets most the people ignore. He told us many tricks on how to survive on the street, here are some of them:

Everything about Dumpster

They are the Nr. 1 place where people sleep, because they help them protect from cold. They are two kinds of dustbin, those in plastic, and those in metal. You better choose one in metal, because it resonates. So, usually, before jumping into a dumpster, you have to bang it with your feet, if someone is sleeping inside, he will shut at you, otherwise, you can jump into it. Equally, the garbage men can inform you before emptying the dustbin, otherwise, it may kill you.

The food eaten by the homeless comes mainly from the dustbin, so if you want to help homeless people, you can just put the rest of your food nearby a dustbin instead of putting it inside. As well if you want to throw out objects that may still work. Indeed, as soon as you put them inside the garbage, it becomes the property of the city. If you put it besides, everyone is allowed to take it.

The many usages of aluminium foal

Aluminium foal may be one of your best allies if you are living on the street. Indeed, you can wrap yourself with it to stay warm. You can also use it to steal stuff in shops. You need to put many lays of aluminium foal in your bag and then put the stolen object in it. The aluminium will impeach the chip to ring at the entrance. Finally, you can test the drug you buy with aluminium. You put the powder on it and heat the bottom of it. If it evaporates, then it is good shit, if it becomes dark, then the guy is trying to rip you off.

By attending the tour, you will learn a lot more on how to find drugs, where to have the cheapest prostitute, VIP party you do not want to be part of, …

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Seriously, the visit was an upsetting experience that allows us to dig into the street’s life. The most striking idea I kept from it, is that everything is very organized and submitted to very precise rules: the place you sleep, the place you work, the way you behave with your client, your « friend ».  Another point that stokes me is the influence of the street on your mental health. Karim made it clear that people living on the street have their mind turned over, and this in very little time, few months or weeks maybe.

It led me to think that public forces should do everything possible to prevent people from living on the streets, how bad the current economic or social (blah blah blah) situation is, and even if their arrivals were unexpected, because it is a one-way journey, and there will be very few chances to bring them back to decent lives after a short time. On the other hand, living on the street, they will certainly make the number of rubber, prostitute and drugs dealer grow, what public forces are supposed to avoid.

De la difficulté de donner ou le charme de l’indifférence

Cet article, aussi docte puisse-t-il paraitre, ne doit pas être lu comme un sermon, mais comme une invitation à réfléchir sur ce qui nous pousse à agir ou non. Il est très personnel, même si j’espère que quelques-uns s’y retrouveront…

Mon analyse, toute personnelle donc, part de deux constatations.

D’une part, que malgré tout, l’Homme est plutôt enclin à aider son prochain. Par exemple, lorsque vous n’êtes pas pressé et que quelqu’un vient vous poser une question dont vous avez la réponse, il est rare que vous la lui refusiez.

Cependant, lorsqu’un mendiant vient nous interpeller dans le métro, il est rare que nous lui donnions. De même une personne sans logement, assise en tailleur sur un trottoir entend bien rarement tomber les pièces dans son gobelet McDonald… Mais dès qu’une personne décide de donner, comme si elle rompait un sceau magique, d’autres personnes l’imitent, et donnent à leur tour.

Je me suis interrogé sur la nature de ce sceau qui nous empêche d’aider ceux qui en ont besoin. Voici mes modestes conclusions.

La première cause, le premier maléfice qui créée ce sceau est pour moi que nous vivons comme des robots, mais des robots qui seraient encore emballés dans leurs boîtes. Quand nous marchons dans la rue, quand nous prenons le métro, nous sommes prisonniers de nos pensées, enfermés entre les deux écouteurs de notre casque audio, dérivant entre les lignes de nos livres, pendus à notre téléphone portable. Nous nous extrayions de la situation, de la réalité parfois un peu pénible, un peu bruyante, un peu malodorante, en espérant que le trajet passe plus vite. Nous mettons une barrière entre la réalité et nous. Et Michel, 45 ans, qui est au chômage depuis trois ans et vit dans la rue depuis 6 mois, qui braille pour nous demander une pièce ou un ticket resto, nous rappelle durement à cette réalité que nous cherchons à oublier.

Nous essayons de ne pas le voir, d’éviter son regard, nous plongeons la tête dans notre livre, regardons manifestement par la fenêtre du métro, sans rien voir que son reflet pitoyable. Nous lui refusons un regard, je ne parle même pas de sourire, nous refusons de le voir, à défaut de le reconnaitre comme un des notre- un ADF -, nous ne lui reconnaissons même pas son humanité. Non seulement nous ne lui donnons rien, mais en plus, nous lui prenons tout ce qui lui reste … et le pire, c’est que ce que nous lui reprochons, c’est de ne pas nous laisser nous évader du présent, nous lui faisons porter la responsabilité d’un tort qui en réalité nous incombe, celui de fuir ; en réalité, nous devrions le remercier de nous rappeler à la réalité, aussi dure soit-elle.

C’est peut-être la première étape vers la générosité que d’offrir, pas même un sourire, mais juste un regard. Ce n’est pas facile, parce que bien sûr, toute cette misère et cette crasse nous paraissent impudiques, voire obscènes. C’est pas facile parce que de regarder, et donc de reconnaitre cette souffrance, accuse indirectement notre inaction, notre passivité.

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L’embarrassant sentiment de supériorité

J’en viens au deuxième point. Ce qui est difficile, dans le geste de donner, c’est le geste lui-même. Je veux dire, sortir son porte-monnaie, l’ouvrir, prendre une pièce ou deux, la tendre, la déposer dans cette main noire et tremblante, regarder la misère nous sourire, lui sourire en retour, et avoir un peu mal.

Je me suis surprise parfois à souhaiter que les pièces se télétransportent directement dans la poche du mendiant. C’est étrange, oui c’est bizarre, parce qu’en principe, on est heureux d’aider quelqu’un, on aime quand quelqu’un nous dit : « merci ».

Mais bizarrement, là, ce merci ne nous fait pas tant plaisir. Je me suis demandé pourquoi et je me dis que par ce geste, – celui de donner de l’argent à quelqu’un- nous établissons, plus ou moins directement, notre supériorité, nous la reconnaissons et la rendons manifeste.

 En général, celui qui a de l’argent est supérieur à celui qui n’en a pas : le client roi paye l’entreprise pour un service ou un produit s’il en est satisfait, le patron paye son employé s’il travaille bien, les parents donnent de l’argent de poche à leurs enfants, s’ils ont été sages … Il y a bien un état de supériorité de celui qui donne par rapport à celui qui reçoit, et cet état devient véritablement un rapport, lorsque par le transfert de bien, il s’établit un lien entre les deux entités. De la même façon, nous sommes en état de supériorité lorsque nous passons à côté d’un mendiant dans la rue, mais il y a un rapport de supériorité lorsque nous lui donnons de l’argent.

C’est beaucoup plus simple de donner par virement bancaire à Action contre la Faim : rien à faire, un prélèvement sépa automatique de 7 euros et puis l’humanité va mieux (attention, je ne dis surtout pas que c’est pas bien, je dis juste que cette forme de don est plus simple parce que médiatisée). Mais là on regarde la personne dans les yeux, et on lui dit “tiens, voilà, je te donne de l’argent, pour l’amour de Dieu, pour l’amour de l’humanité, parce que tu me fais pitié”. On se sent presque mal, on se sent coupable de jouir de tant de bien face à quelqu’un qui n’a rien. Mais, pour moi, ce qui est le plus difficile c’est que c’est le moment où on comprend notre responsabilité : cette personne a besoin de nous, nous l’aidons parce que nous en avons le pouvoir, et si c’est bien, si c’est juste alors ce pouvoir devient un devoir. Nous faisons l’expérience de notre responsabilité, à titre d’humain face au reste de l’humanité.

Et dans le fond c’est peut-être ça le vrai sens de la solidarité, c’est-à-dire pas seulement soutenir les gens qui sont au même niveau que nous, pas seulement soutenir ceux qui ont les mêmes origines ou les mêmes ambitions (ça c’est plutôt du communautarisme, soutenir des gens dont on se sent naturellement ou culturellement proches), mais accepter qu’il existe un lien, de responsabilité, de respect, un lien humain entre les membres de la société, un lien qui nous implique, qui nous coute d’une façon ou d’une autre, qui nous engage.

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Mais revenons à nos moutons, car j’en arrive à mon troisième point. En effet, j’ai parlé d’humanité. Cette personne, Michel, 45 ans, qui n’a pas pris de repas chaud depuis 4 jours, nous apparaît comme le symbole d’une humanité souffrante. Sa souffrance, qui est l’incarnation de tant d’autres, de millions, de milliards de souffrances, nous accable, nous décourage.

C’est le principale écueil, car, souvent, ce qui nous retient de donner, et qui fondamentalement, n’est pas aberrant, c’est de nous dire “oui je donne à lui, mais si je commence à donner à tous ceux qui me demande, je serais ruiné avant d’arriver à destination” ou bien encore “pourquoi donner à lui plutôt qu’un autre” … En fait, lorsque nous faisons ça, nous volons encore à Michel son humanité, nous faisons de lui une image d’Epinal, celle du « sdf du métro parisien ». Nous oublions que Michel avait un logement avant, il avait une adresse, il avait un travail, un patron, des collègues, Michel est un homme, il a des passions, il a des rêves, il a aussi des défauts. Nous oublions surtout que, si Michel en est là aujourd’hui c’est que OUI l’euro que nous allons lui donner (ou pas) va faire une différence pour lui, au moins ce soir.

 Nous, nous pensons à long terme : “c’est pas en donnant des euros par-ci par-là qu’on va relever le pays, c’est des problèmes structurels qui mènent là où on en est”, et puis “Michel, est-ce qu’il veut s’en sortir au final ? demain ça ira pas mieux pour lui …”.

Mais pour Michel, demain ça n’existe pas, c’est  ce soir  qui compte, notre euro, qui permet de manger et de dormir à l’abri, est tout ce qui compte, et il a sans doute plus de valeur que n’importe quel objet pris au hasard dans notre appartement douillet. Alors oui ça vaut le coup de donner un euro à Michel, même si on peut pas donner un euro à tous les Michels, ça vaut le coup de lui sourire, et ça vaut le coup de le regarder dans les yeux, pour pas lui mentir et pour pas nous mentir, parce que malgré tout, il y a pas de raison qu’il s’en sorte pas Michel, si tout le monde le regarde dans les yeux et lui sourit, même si tout le monde lui donne pas un euro …

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Permaculture – intelligence is not only made for destruction

Today, I want to talk about a topic few people know about but which is gaining a growing importance and influence around the world. I had the chance to participate in an ecological festival where I saw a film called « Inhabit, a permaculture persepective » that deeply inspired me, and I therefore want to share with you (in a nutshell, as usual) what I learned from it. I put some resources in case you want to explore more deeply this passionating topic.

 Permaculture – a new conception of agriculture

The main idea of this movement born in the USA in the 1970’s is to rethink the role of the human in the agriculture. Agriculture is often seen as the exploitation of soil by the dominating power, the human. This led to many health and ecological disasters.

In the permaculture method, human is only a part of the ecosystem and its role is to use its knowledge and intelligence to design the process and organize the environment so that earth becomes more productive without the help of chemicals.

The permaculture movement enlightens the fact that humans can not only reduce their impact on the environment but they can also do good for it.

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 Concrete applications

 Through the film, we discover many initiatives implemented in the countryside as well as in the cities and suburbs.

Association of plant, recycling of rain water, use of animals, recycling of human waste are all methods used by permaculture that not only allow better production in quantity and quality but also stem problems that human society faces nowaday.

 In the film, we discover how a man manages to grow 46 species of fruit and 100 other plants in a 1/10 acres space that was totally abandoned in the middle of an American suburb.

Other groups of permaculturers use rain water, that causes disaster in their city, by deviating it and let it nourrish rain gardens, or capture it to cultivate green rooftops.

Michal Phillips enlightens the role of bacteria in making trees stronger. Instead of spraying pesticides on them, he sprays a mix of good bacteria that allows them to fight against insects.

Susana Lay Lein combined beans and pumpkin, plants that fit together to make their field productive, and uses turkey and chicken to eat insect, instead of using chemicals.

 Many other examples that illustrate our moto « there are more solution than problems » are shown in this film, and it does us real good !

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 You can find many explanations and concrete applications to put in practice wherever you live  on the internet.

Here is an official website in french :https://permacultureprinciples.com/fr/

And some concrete pieces of advice :http://www.permaculturedesign.fr/le-jardin-en-permaculture/

Here in english : https://permacultureprinciples.com/wp-content/uploads/2013/02/Essence_of_Pc_EN.pdf

Here you can find courses to get concrete advice to help you putting those pieces of advice in practice : https://www.permaculture.org.uk/about/learn

 Here you can see the trailer of the movie and watch it only against fee : https://vimeo.com/ondemand/inhabit/126800869

Online petitions :  are they actually useful ?

Today I want to deal with a question that everybody has asked at least once. Indeed, online petitions are multiplying and we receive them everyday in our mail boxes, or see them on our Facebook page.

I will try here to answer this question.

Petition, a way for direct democracy

Petitions constitute one of the major tools of direct democracy (when the people vote laws directly, and not through representatives) since it allows citizens to submit law projects to the Parliament. It is a form of participative democracy, defined as the tool that allows to better integrate the citizens into political life and to make them participate in the decision process.

You need for instance 1 million signatures to refer to the European Commission and ask it to support a law. In Switzerland, 50 0000 signatures may cancel a law. In France, since 2008, citizens can refer to the Economic, Social and Environmental Council as soon as a petition reaches 500 000 signatures, but the initiative of law remains the Government’s prerogative.

Seen from this angle, the flourishing of petition seems to be the sign of a positive evolution of our democracy, that would give more space to citizens’ voices.

With shadows aspects

First of all, the validity of all those petitions may be in question since it is difficult to verify the actual number of real signatures, even if the websites hosting the petitions pretend they are reliable.

The fact that the author of the petition may stay hidden or use a fake name may lead to a manipulation of the public opinion.

We also need to lay stress on the fact that the content of the petition, that is the information the author uses to make you sign are not verified by the hosting websites.

In other words, anyone can ask you to sign for anything.

Those websites’ main source of income are the sponsored petitions sold to important NGOs, and that are sent to identify users thanks to the database.

Finally, the question of data protection is a hard topic; even though those websites claim not to use your data, we should assume that they do it.

Rare but dazzling successes

An impressive numbers of petition are launched every year, and only a small part of them are successful. In France, we may quote the petition to free Jacqueline Sauvage, that led to the pardon of the hold woman, or the petition against the Labour law that gathered 1,2 million signatures and led to a rewriting of the text and the opening of a national debate around the law.

Some other petitions, around the world, meet success, without such an impressive number of signatures.

The factors for success

First of all, for a petition to be successful, the goal, the person to whom it is adressed and the way to achieve the goal must be clearly defined. Of course, if the goal is impossible to achieve, it is no worth signing it, as well as if the person targeted are not well defined.

Regarding the number of signatures, it depends on the ambitions of the petition. For a « small concern », a small number of signatures may be enough. For the bigger concerns, the law determines the number of signatures needed, which is, most of the time, very high.

Having public character’s signatures may help the petition, influencing not only the political power but also the citizen, leading them to sign the petition.

To conclude, without definitively cutting short the problem, we want to underline that petitions are a way to create social link among the user (some allows you to see in real time who and where are the people who sign the petition), and to inform the reader about a serious topic, while possibly leading to a media coverage and a political debate. We can take the example of the petition against excision in France, that led to the debate on this taboo topic.

All resources are in french, sorry guys :/ Check the article in French if you want to read them !

 

Signer les pétitions en ligne, est-ce utile ?

J’aborde ici une question qui, je pense, nous est tous venue à l’esprit un jour. En effet, les pétitions en ligne se multiplient et pas un jour ne passe sans que l’une ou l’autre n’atterrisse dans ma boîte aux lettres électronique ou sur mon fil d’actualité Facebook.

Je vais donc essayer de répondre à cette question qui nous taraude tous.

Les pétitions, une des voix de la démocratie directe 

La pétition constitue un des outils importants des démocraties directes (où le peuple vote les lois directement et non par le biais de représentants comme on peut le lire ici) puisqu’elle permet aux citoyens de soumettre au parlement des projets de lois. La pétition est une forme de démocratie participative, qui se définit comme l’ensemble des dispositifs qui permettent de mieux intégrer les citoyens dans la vie politique et les faire participer aux processus de décision.

Il faut 1 million de signatures pour saisir la Commission Européenne et l’inviter à soutenir une loi (plus d’infos ici). En Suisse, 50 000 signatures peuvent faire annuler une loi, en France, depuis 2008, les citoyens peuvent saisir le Conseil économique, social et environnemental (CESE) dès lors qu’une pétition réunit 500 000 personnes, mais l’initiative des lois reste la prérogative du gouvernement.

En tant que telle, la propagation des pétitions semble le signe d’une évolution positive de la démocratie, qui laisserait une plus grande place au citoyen.

 Avec des points d’ombres

Tout d’abord, la valeur des pétitions en ligne pose problème, puisqu’il est difficile de vérifier le nombre de voix, même si les sites mettent en place des systèmes de vérification.

L’identité de l’auteur de la pétition, qui peut rester anonyme ou utiliser un pseudo peut donner lieu à des manipulations, comme l’évoque cet article du Monde).

Il faut souligner également que le contenu de la pétition, les informations qui y sont exposées et qui motivent la signature, ne sont pas vérifiées par les sites qui les hébergent. Autrement dit, n’importe qui peut vous demander de signer pour n’importe quoi.

Notons enfin qu’une des sources de revenue de ces sites d’hébergement de pétitions est la vente aux grosses ONG et associations caritatives, de pétitions sponsorisées, adressées à une audience ciblée d’internautes, sensibilisés aux causes.

Enfin la question de l’utilisation des données reste très problématique, sachant que bien sûr, les engagements pris n’assurent de rien et qu’il est très probable pour ne pas dire certain que les données des signataires soient au moins utilisées, au pire revendues (pour plus d’info rendez-vous ici).

Des succès rares mais éclatants

Un nombre impressionnant de pétitions sont lancées chaque année, dont seulement une toute petite partie aboutie. En France, on peut prendre en exemple la pétition en faveur de la libération de Jacqueline Sauvage qui a récolté quelques 435 000 signatures, ou encore la pétition de Caroline de Haas contre la loi travail, qui a récolté plus d’un million de signatures et a conduit à une réécriture du texte (non satisfaisante pour les pétitionnaires).

Mais d’autres pétitions, qui n’atteignent pas un nombre aussi vertigineux de signatures peuvent rencontrer du succès.

nuitdeboutparis

Les facteurs de réussite

Tout d’abord, pour réussir une pétition il faut que la personne à qui l’on s’adresse, la revendication et, éventuellement, les moyens de mise en œuvre, soient clairs et précis.

Concernant le nombre de signataires, il dépend bien sûr de l’ambition de la pétition. Pour un « petit enjeu », un petit nombre peut suffire.  Dans les cas des grands enjeux, c’est la loi qui détermine le nombre de voix nécessaires et il est en général très conséquent.

Les signatures de personnes importantes peuvent avoir leur importance, pour faire infléchir le pouvoir à qui l’on s’adresse comme pour motiver d’autres signataires.

Pour conclure, on soulignera que la pétition est un moyen de créer du lien social autour d’une cause, même si ce lien est virtuel, et d’informer les lecteurs d’un sujet grave. On peut prendre comme exemple la pétition contre l’excision en France, qui a lancé le débat sur un sujet tabou et peu médiatisé jusque-là (plus d’infos ici).

Autrement dit, libre à vous de signer ces pétitions, en sachant que ça vous engage -peut-être plus que ce que vous croyez- mais surtout lisez-les, si elles viennent d’une source sûre ou s’appuie sur de preuves, car elles constituent un canal d’information alternatif.