Signer les pétitions en ligne, est-ce utile ?

J’aborde ici une question qui, je pense, nous est tous venue à l’esprit un jour. En effet, les pétitions en ligne se multiplient et pas un jour ne passe sans que l’une ou l’autre n’atterrisse dans ma boîte aux lettres électronique ou sur mon fil d’actualité Facebook.

Je vais donc essayer de répondre à cette question qui nous taraude tous.

Les pétitions, une des voix de la démocratie directe 

La pétition constitue un des outils importants des démocraties directes (où le peuple vote les lois directement et non par le biais de représentants comme on peut le lire ici) puisqu’elle permet aux citoyens de soumettre au parlement des projets de lois. La pétition est une forme de démocratie participative, qui se définit comme l’ensemble des dispositifs qui permettent de mieux intégrer les citoyens dans la vie politique et les faire participer aux processus de décision.

Il faut 1 million de signatures pour saisir la Commission Européenne et l’inviter à soutenir une loi (plus d’infos ici). En Suisse, 50 000 signatures peuvent faire annuler une loi, en France, depuis 2008, les citoyens peuvent saisir le Conseil économique, social et environnemental (CESE) dès lors qu’une pétition réunit 500 000 personnes, mais l’initiative des lois reste la prérogative du gouvernement.

En tant que telle, la propagation des pétitions semble le signe d’une évolution positive de la démocratie, qui laisserait une plus grande place au citoyen.

 Avec des points d’ombres

Tout d’abord, la valeur des pétitions en ligne pose problème, puisqu’il est difficile de vérifier le nombre de voix, même si les sites mettent en place des systèmes de vérification.

L’identité de l’auteur de la pétition, qui peut rester anonyme ou utiliser un pseudo peut donner lieu à des manipulations, comme l’évoque cet article du Monde).

Il faut souligner également que le contenu de la pétition, les informations qui y sont exposées et qui motivent la signature, ne sont pas vérifiées par les sites qui les hébergent. Autrement dit, n’importe qui peut vous demander de signer pour n’importe quoi.

Notons enfin qu’une des sources de revenue de ces sites d’hébergement de pétitions est la vente aux grosses ONG et associations caritatives, de pétitions sponsorisées, adressées à une audience ciblée d’internautes, sensibilisés aux causes.

Enfin la question de l’utilisation des données reste très problématique, sachant que bien sûr, les engagements pris n’assurent de rien et qu’il est très probable pour ne pas dire certain que les données des signataires soient au moins utilisées, au pire revendues (pour plus d’info rendez-vous ici).

Des succès rares mais éclatants

Un nombre impressionnant de pétitions sont lancées chaque année, dont seulement une toute petite partie aboutie. En France, on peut prendre en exemple la pétition en faveur de la libération de Jacqueline Sauvage qui a récolté quelques 435 000 signatures, ou encore la pétition de Caroline de Haas contre la loi travail, qui a récolté plus d’un million de signatures et a conduit à une réécriture du texte (non satisfaisante pour les pétitionnaires).

Mais d’autres pétitions, qui n’atteignent pas un nombre aussi vertigineux de signatures peuvent rencontrer du succès.

nuitdeboutparis

Les facteurs de réussite

Tout d’abord, pour réussir une pétition il faut que la personne à qui l’on s’adresse, la revendication et, éventuellement, les moyens de mise en œuvre, soient clairs et précis.

Concernant le nombre de signataires, il dépend bien sûr de l’ambition de la pétition. Pour un « petit enjeu », un petit nombre peut suffire.  Dans les cas des grands enjeux, c’est la loi qui détermine le nombre de voix nécessaires et il est en général très conséquent.

Les signatures de personnes importantes peuvent avoir leur importance, pour faire infléchir le pouvoir à qui l’on s’adresse comme pour motiver d’autres signataires.

Pour conclure, on soulignera que la pétition est un moyen de créer du lien social autour d’une cause, même si ce lien est virtuel, et d’informer les lecteurs d’un sujet grave. On peut prendre comme exemple la pétition contre l’excision en France, qui a lancé le débat sur un sujet tabou et peu médiatisé jusque-là (plus d’infos ici).

Autrement dit, libre à vous de signer ces pétitions, en sachant que ça vous engage -peut-être plus que ce que vous croyez- mais surtout lisez-les, si elles viennent d’une source sûre ou s’appuie sur de preuves, car elles constituent un canal d’information alternatif.

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